Le drone qui aide les avions à bien atterrir



Quoi ?
Une technologie utilisant des drones pour calibrer les PAPI
Avec qui ?
L’équipe innovation du Groupe ADP et la start-up Canard Drones
Quand ?
En fonctionnement depuis 2018


L’atterrissage d’un avion est un exercice de haute précision. Pour s’aider, le pilote dispose d’un instrument lui permettant d’ajuster son plan de descente et d’arriver ainsi au bon endroit. Le calibrage de cet outil est effectué au millimètre près. L’opération, coûteuse et complexe, était jusqu’à présent réalisée par avion. Jusqu’à ce que les drones entrent dans la danse…



Connaissez-vous le PAPI ?


Le PAPI (Precision Approach Path Indicator, ou indicateur de pente d’approche en français) est un maillon essentiel à l’atterrissage d’un avion. Situé à proximité des pistes, cet instrument, crucial pour les pilotes, est composé de quatre unités lumineuses alignées. 

Quand l’angle d’approche est correct, ce sont deux lampes rouges et deux lampes blanches qui s’allument. Quand l’angle est trop haut, tout passe au blanc, et quand il est trop bas, les pilotes voient rouge.



drones PAPI schema



Les lentilles lumineuses des PAPI sont donc calées sur l’angle d’approche idéal pour poser l’avion. Mais un choc ou le souffle d’un réacteur peuvent les dérégler. L’inclinaison défectueuse du PAPI peut être corrigée en vissant le pied qui le soutient au sol.

Jusqu’ici ce paramétrage était effectué par avion, mobilisant un équipage et de nombreux techniciens. Soucieux de son coût financier et environnemental, notre groupe avait déjà remplacé depuis plus de dix ans cette technologie par celle de nacelle élévatrice, plus légère dans son déploiement. 



Des drones au milieu des avions


La rencontre avec la startup Canard Drones nous a permis d’envisager le drone comme une solution plus souple et plus économique. Basée en Espagne, cette startup a reçu en 2016 un prix de l’innovation pour le développement de cas d’usage de drones en milieu aéroportuaire.
 
Avec cette technologie, il n’y a plus qu’une seule intervention humaine, celle du pilote (dont la présence reste obligatoire conformément à la règlementation actuelle) qui fait décoller le drone. Ensuite, le drone est guidé grâce à un système de navigation et de positionnement de haute précision. Il transmet ensuite à un logiciel des informations extrêmement précises.


[Le drone] n’est qu’un simple outil. Notre métier c’est de développer des solutions intégrées
Sergio Lopez Varela
CEO de Canard Drones




Déployer la technologie en toute sécurité


Dès le début, nos équipes opérationnelles en charge des aires aéronautiques se sont impliquées dans le projet. La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) s’y est également associée, pour un partenariat très constructif, même s’il a été complexe à organiser. 

En fait, les contraintes sont ici plus opérationnelles que réglementaires. A chaque opération, une étude est réalisée et tous les risques sont étudiés. Au démarrage, la technologie de calibrage était expérimentale, puis nous avons bénéficié d’un protocole entériné par la DGAC.



12/2017
date de notre premier essai concluant !


Après le premier test de 2017 et suite à des essais de réglages réussis sur deux pistes de Paris-Charles de Gaulle, le Service technique de l’aviation civile (Stac) a donné son accord en juillet 2018 pour effectuer le calibrage des PAPI par drone pour dix ans. 


Grâce à ces avancées réglementaires et techniques, nous pouvons aujourd’hui imaginer une flotte de drones autonomes pour réaliser nos missions de maintenance. La technique devrait ainsi être déployée à Paris-Orly ainsi qu’à Paris-Le Bourget.



canard drone



Le drone a tout bon


Cette technique innovante est un atout considérable pour une plateforme comme Paris-Charles de Gaulle. Et, pour le groupe, les bénéfices sont organisationnels – le PAPI est désormais calibré en une vingtaine de minutes, mais aussi financiers, puisque l’opération coûte environ 5 000 €.



Le drone ne perturbe pas le trafic aérien, et les informations sont obtenues immédiatement.
Sébastien Couturier
Responsable de notre pôle Innovation


Le sujet drone n’est pas nouveau pour nous. En 2017, déjà, nous rejoignions la chaire Systèmes de drones de l’Ecole nationale de l'aviation civile ( ENAC), la première à aborder la question de l’insertion des drones dans l’espace aérien. Les travaux des chercheurs, adossés aux équipes de l’école, visent à favoriser le développement de standards et de procédures pour l’exploitation de systèmes de drones, de manière à ouvrir la voie aux applications civiles.